Plus qu’un simple mantra, la décarbonation sera-t-elle en atout pour le secteur de la construction ? (1/3)

Infrastructures

La décarbonation s’est introduite dans le vocabulaire du BTP à la faveur du changement climatique. D’abord outil de communication, elle devient aujourd’hui force de proposition… et de contrats gagnés. I – Les trois niveaux de décision et d’action Les efforts de décarbonation peuvent s’envisager à trois niveaux : politique et gouvernemental, administratif et contractuel, propositionnel et […]

La décarbonation s’est introduite dans le vocabulaire du BTP à la faveur du changement climatique. D’abord outil de communication, elle devient aujourd’hui force de proposition… et de contrats gagnés.

I – Les trois niveaux de décision et d’action

Les efforts de décarbonation peuvent s’envisager à trois niveaux : politique et gouvernemental, administratif et contractuel, propositionnel et spontané (même s’il s’agit d’une spontanéité mûrement réfléchie).

Le niveau politique et gouvernemental se matérialise par deux strates peu compatibles entre elles : le suivisme et le volontarisme, qui eux-mêmes ajoutent telle ou telle couleur aux efforts ou à l’immobilisme de tous les autres niveaux de la filière, qu’il s’agisse de donneurs d’ordres et de clients (collectivités, administrations) ou de prestataires (fabricants, constructeurs, sous-traitants).

Zéro émission : en construisant moins…

Un gouvernement du pays de Galles semble vouloir orchestrer une politique de décarbonation dans un sens plus ou moins synonyme de décroissance : il mise sur l’entretien du réseau routier existant et sur les transports en commun, plutôt que sur la construction de nouveaux axes de circulation destinés aux voitures.

Encore ne s’agit-il là que d’une feuille de route en projet, annoncée à la mi-2021, avant que ne soit édictée la feuille de route galloise définitive en matière de décarbonation.

Pourtant, le pays de Galles s’assigne un objectif identique à celui du Royaume-Uni, c’est-à-dire zéro émission sur l’ensemble du territoire à l’horizon 2050. Cet objectif inclut la perspective d’une construction entièrement décarbonée d’ici là, quel que soit le type de construction : route, rail, logement, etc.

… ou en construisant plus (et mieux) ?

Le Royaume-Uni appartient à la catégorie la plus volontariste en matière de décarbonation. Volontariste, c’est-à-dire qui joint les actes à la parole. Le pays s’est forgé des objectifs et une politique de décarbonation qui ne manquent pas d’ambition.

D’autres pays conjuguent la décarbonation au présent ou, plus souvent, au futur. La Norvège, un pays du pétrole, le fait depuis quelque temps, avec des objectifs ambitieux.

Plus surprenant, on note depuis quelques mois (le dérèglement climatique récent n’y est sans doute pas étranger) une tendance à s’orienter vers la décarbonation en Australie, malgré un lourd passif de choix industriels polluants (énergie, mines) et une culture historiquement favorable à la route plutôt qu’au rail.

En résumé (1)

Le niveau de volontarisme ou d’immobilisme de chaque État rejaillit sur l’attitude des collectivités et administrations en charge des affaires de construction.

Cela rejaillit aussi sur le niveau de décarbonation que l’on attendra du secteur de la construction, ainsi que sur son aptitude à proposer des solutions innovantes en la matière. Par conséquent, le secteur devra mettre l’accent sur la décarbonation dans ses réponses aux appels d’offres et dans ses propositions spontanées.